Gîtes en Pyrénées, Ariège-Pyrénées
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Gîtes Gérard FOSSAT
Supéry
09420 Rimont

(33) 05 61 96 38 77, sfossat@orange.fr


HISTOIRE DE RIMONT

Le texte est tiré du site www.histariege.com

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Étymologie : Mont riant; mais selon F. Baby venant de "Ri(u) + Mont": "Rivo Monte" (ruisseau de la montagne pour désigner le ruisseau de Portet, en 1448 et 1455!

Nom des habitants : Rimontais et Rimontaises

Canton de St Girons

Histoire :
 
Des amphores gallo-romaines trouvées à la Calotte démontre l’ancienneté du site.
Lors des travaux pour la construction de la gare en novembre 1902, près de l’abbaye des pièces de l’époque de Charlemagne y sont découvertes…
L’abbaye de l’ordre des Prémontrés (Combelongue), fondée en 1138 par le comte de Pallars, créera une bastide en 1273 qui deviendra Rimont et qui faisait partie des terres du Languedoc (paréage entre l’abbé de Combelongue et Eustache de Beaumarchais, sénéchal, après la guerre entre Philippe III et le comte de Foix). Selon Castillon d’Aspet : l’abbaye est fondée en 1165 par un laïc, Arnaud d’Autriche Palias, seigneur de 60 châteaux
L’abbaye y aurait accueilli le roi Louis VII en 1154 sur la route de St Jacques de Compostelle.
1207 : l’abbé de Combelongue, Navarre d’Acqs (qui était aussi évêque de Couserans) est légat du pape Innocent III et participe aux querelles religieuses du catharisme à Montréal (Aude).
Une Charte de coutumes est accordée aux habitants en 1273 qui sera renouvelée en 1354 (paréage entre l’abbé de Combelongue, Bernard, et le roi de France, Philippe le Hardi qui devient co-seigneur de Rimont)
 
Les abbés de Combelongue avaient droit d’assistance aux Etats de Foix avec ceux de Boulbonne, du Mas d’Azil, de Lézat et de Foix
Quand surviennent les guerres de religion, les Protestants dévastent l’abbaye de Combelongue en 1568.
Au 16éme, le roi partage toujours la justice avec l’abbé de Combelongue.
Arnaud de Jonquet, dernier abbé de l’abbaye de Combelongue (de 1741 à 1789) émigre en Espagne où il meut vers 1797
A la Révolution, l’abbaye est pillée et incendiée.
 

Carte de Cassini (18° siècle)
 
Avec le nouveau code forestier, Rimont connaîtra ses « Demoiselles ».
Sous le 1er Empire, les foires de Rimont du 10 février, 11 avril, 14 octobre, 22 décembre sont des plus importantes.
Activité potière jusqu’à la fin du 19éme (Spécialiste des « dournes » ou cruches); Mines de cuivre et plomb argentifère à la Calotte et l’Estangue
 
Au début du XXème siècle, sept instituteurs et un curé y exercent pour Rimont et ses hameaux : Combelongue, Bartolle, Grious, Pladellac, Calibére, Micassou, Terrac, Bastard, Maneyre, Fajaou, Brouil, Pujol
 
Le conflit de la seconde guerre mondiale fera de Rimont « village martyr ». Le 21 août 44, lors de la retraite allemande : 11 fusillés ; 236 immeubles sont détruits dont 152 maisons incendiées ; 231 personnes sans abri. Claudius Petit, ministre de la reconstruction, inaugure le « village ressuscité » de Rimont le 19 juin 1950
 Quant à l’abbaye de Combelongue, en 1990, elle est achetée par J. Luc Mirguet qui restaure les bâtiments et en fait un lieu de manifestations culturelles
2006: La commune se trouve dans le périmètre d'étude du Parc Naturel Régional des Pyrénées Ariégeoises (création prévue en 2008) 
 
Patrimoine :
 
Abbaye St Laurent de Combelongue M.H. : 02/06/1992: chevet roman en briques ; art mudejare
Prémontrés : ordre réformé des chanoines réguliers de saint Augustin (fondé par saint Norbert). L’abbaye aurait compté une centaine de religieux. Endommagée durant les guerres de religion, l’abbaye périclite et sera pillée et incendiée à la Révolution.
 
Église  de l’Assomption du 17éme : Clocher (12 et 13éme) : 5 tableaux des frères Pédoya de Montséron.
Moulin (écomusée : 2 paires de meules)
Château de Montségu (route de La Crouzette): Charles de Séré, né le 1er août 1863 s’y fixe
Château de la Vignasse (près de l’église): 17éme, privé (a appartenu au sénateur Paul Laffont)
 
Le Musée Pyrénéen de la Résistance et de la Libération : consacré à la période 1936 à 1945 ; grâce au jumelage avec la ville catalane de Corbera d’Ebre, au sud de Tarragone.
(Sur Brigades Internationales, la Résistance française, le rôle des étrangers dans la résistance, la tentative de Reconquista par le Val d’Aran…)
 
 
Sites internet :
- Le Moulin (écomusée de la meunerie) situé près de l’Abbaye Saint-Laurent: www.ariege.com/lemoulindecombelongue
http://www.rimont.fr.st
http://ariego.free.fr/histori.htm
www.intercommunalites.com/communautes/document1218.htm
http://www.histariege.com/resistance.htm (dans "textes tirés des papiers...") ou www.histariege.com (dans thèmes "Résistance")
 
 
Pour en savoir plus…
Le site www.histariege.com


 « Bataille de Rimont et de Castelnau-Durban », Cl. Delpla, 1994
Th. De Hansy : « Notes concernant la communauté de Rimont de 1754 à 1789 », 1910
BSA 1917, P. 227
« Fondation d’un obit en l’église nD de Rimont, au diocèse de Couserans, par Pierre Roueix…, 4 décembre 1641 », Ab. L. Blazy, BHDP, 1913
Abbaye de Combelongue : ADA H 74-83 et dans Chartrier de Rodes : ADA 36 J + BN Collection Doat : 93-102
Plans et dossiers divers aux ADA : 2 O 1302 à 1309 (écoles, halle, eau, église, …)
 
NB : Penser que les archives de la mairie ont été incendiées le 21 août 1944…
 
Armorial (1697) : (celui du couvent des prémontrés de Combelongue) :
D’or, à un pin de sinople, chargé de cinq pommes d’or et soutenu d’un terrain de sinople
   (Réalisation: Y.A. Cros du Cercle Généalogique de Languedoc  

De 1939 jusqu’au 11 novembre 1942
 
- Quelques mois après la déclaration de guerre de la France contre l’Allemagne (3 septembre 1939), bien des soldats ariégeois sont prisonniers des Allemands : c’est la défaite française.
- Des réfugiés du Nord de la France (l’exode), des milliers d’Espagnols (républicains, en particuliers, qui combattaient Franco), des Polonais, etc… arrivent en Ariège : il faut les héberger et pourvoir à leur survie… 
 - Les pleins pouvoirs sont donnés au maréchal Pétain : le député Camel (pour Saint-Girons) refuse, Rambaud (pour Pamiers) aussi ; Soula (pour Foix) accepte… L’appel du général de Gaulle est connu en Ariège.
- Le camp du Vernet, au début « centre d’hébergement » pour des réfugiés, devient camp d’internement : Des personnes de 58 nationalités y seront enfermées (il sera le plus répressif de France).
- Les Allemands ne sont pas encore en Ariège. Mais, le nouveau pouvoir en place (via la préfecture, la police…) applique son programme (souvent dicté par celui d’Hitler) : répression contre les Juifs, les Communistes…
- Des anciens militaires (français, belges…) cherchent à passer en Espagne pour rejoindre Londres ou De Gaulle ; Des personnes recherchées également (Juifs par exemple) passent la frontière: des réseaux de passages (filières) se mettent en place (à partir de Foix, par la vallée de Vicdessos, Aston ou Ax ; à partir de Saint-Girons par le Vallier, etc…). Rapidement, des passeurs et des candidats à l’évasion sont arrêtés…
 - Des groupes de personnes se rassemblent et appellent, au début par des tracs par ex., la population à comprendre ce qui se passe…, à refuser la capitulation de la France… Des réseaux s’organisent: c’est le début de la Résistance « souterraine ». Les premières arrestations de résistants ont lieu…
- Des anciens maires sont destitués : le préfet les remplace d’autorité par des hommes soutenant le régime (les Délégations Spéciales).
 - L’opinion publique ariégeoise, loin des zones de guerre, est, au départ, généralement favorable au régime de Pétain (considéré comme le possible « sauveur » de la situation face aux Allemands…) ; on se mobilise pour les prisonniers de guerre (envoi de colis) ;  Commencement des restrictions alimentaires. Dans les écoles, les mairies : des photos de Pétain ; et l’on chante « Maréchal ! Nous voilà »…
- Août 1942 : Arrestations massives par la police française d’israélites, étrangers ou apatrides assignés à résidence (notamment à Aulus, à La Hille sur la commune de Montégut-Plantaurel) : environ 350 personnes. Beaucoup d’entre elles sont déportées au camp d’extermination d’Auschwitz.
?     L’Allemagne envahit la France qui signe l’Armistice. La France est coupée en deux. L’Ariège est en zone libre. Un changement de régime se met en place. La politique de « collaboration » avec l’Allemagne est prônée…
L’Ariège est le refuge d’Espagnols hostiles à Franco, de personnes venues des zones de guerre (belges, polonais…), de personnes recherchées (Juifs, Communistes…).
Prémices de la Résistance ; Passages en Espagne ; Arrestations…
 
 
Du 11 novembre 1942 à la fin 1943
- Les troupes allemandes envahissent ce qui était la zone dite libre (11 novembre 1942). Des garnissons s’établissent en Ariège : Foix, Saint-Girons, Pamiers… Des douanes allemandes contrôlent les frontières : les Ariégeois réalisent que le département est bel et bien occupé…
- Des réseaux de passages fonctionnent en Ariège ; des groupes de résistances existent dans la clandestinité.
- La production agricole (moyen de survie) souffre du manque de main d’œuvre (des chefs de familles ou leurs enfants en âge de travailler sont prisonniers).
- Janvier 1943 : 300 israélites sont arrêtés en Ariège
- 1943 : le STO (Service du Travail Obligatoire). Les jeunes gens doivent partir travailler pour les intérêts économiques allemands (industries, agriculture…). Deux options s’imposent à eux : partir ou refuser.
- Un service d’ordre (de type militaire) au service du gouvernement de Vichy est installé dans le département : la Milice (pour traquer les personnes recherchées, lutter contre la Résistance…).
- Des groupes de résistance s’organisent, par ex. à travers les chantiers demandant de la main d’œuvre, dans les lycées, les usines…. Les Espagnols, par exemple, sont employés dans des mines, des exploitations forestières (car l’une des activités, en ce temps-là, est la production de charbon et de bois servant à faire rouler les véhicules dits gazogène), des chantiers de travaux publics (des barrages sont en construction, tel celui de Labarre, du Gnioure…).
 - Des groupes de résistance fusionnent : ce sont les MUR (Mouvement de Résistance Unis).
- Des groupes de réfractaires au STO se forment (petits maquis). Ils travaillent dans des chantiers ou deviennent clandestins et doivent survivre…
- Les Guérilleros Espagnols (réfugiés de la guerre d’Espagne) s’organisent avec les groupes de travailleurs étrangers ou d’évadés des camps d’internement.
- Des sabotages se font (il s’agit d’empêcher de transporter des produits industriels pour l’Allemagne ; d’empêcher les communications de se faire…).
- Les agriculteurs doivent donner une partie de leur production aux Allemands ; des industries doivent produire pour l’Occupant…
- Les contrôles de police se font plus assidus…
- La population est invitée à dénoncer les personnes hostiles au gouvernement de Vichy, ceux qui font du « marché au noir », les communistes…
- Les Résistants qui font des sabotages, qui lancent des tracs… sont poursuivis (des condamnations à mort sont même décrétées contre eux) : le préfet les appellera les « Terroristes »… Ainsi, la répression contre les réseaux clandestins de la Résistance s’intensifie : de nombreuses arrestations et déportations se font… C’est ainsi que des organisations entières se trouvent démantelées…
?     L’occupation allemande est effective en Ariège.
La résistance s’organise. Mais elle connaît la répression. Les jeunes sont envoyés au STO : certains refusent.
Une partie de l’activité ariégeoise doit être fournie à l’Allemagne…
 
 
1944
 - La résistance souterraine s’accélère : noyautage des administrations (des personnes travaillent à la préfecture, dans la police, les postes, etc… mais, fournissent des renseignements à la Résistance, font de faux papiers, etc…) ; des agriculteurs, en particuliers, aident au ravitaillement des groupes clandestins… Des responsables extérieurs au département arrivent pour aider la résistance locale : les liens avec Londres et la Résistance nationale sont renforcés…
- Les passages vers l’Espagne pour fournir des messages secrets à Londres ou faire franchir les Pyrénées à ceux qui sont poursuivis ou qui veulent s’engager aux côtés des forces Alliées Françaises, Anglaises, Américaines, Canadiennes… continuent malgré les arrestations et les morts…
- De son côté, la Milice (corps armé au service du gouvernement de Vichy), les Allemands et les services de police ou de gendarmerie se font de plus en plus agressifs… : des arrestations, des déportations, des exécutions ou des incendies… se font de plus  en plus.
- La résistance armée s’organise sur le territoire ariégeois. De petits maquis éparpillés se fédèrent et sont mis en liaison avec des responsables départementaux, régionaux qui eux-mêmes sont en lien avec le CNR (Conseil National de la Résistance fondé par Jean Moulin).  
- Avec le débarquement en Normandie, les évènements s’accélèrent.
Cependant, les différentes arrestations, déportations, exécutions parmi les résistants font, qu’en Ariège, l’essentiel des forces réunies armées, au 6 juin, se trouve au sein des FTP (Francs-Tireurs et Partisans) et des Guérilleros Espagnols. Dans le même temps, ces maquis s’agrandissent par un afflux de jeunes qui y rentrent…
- Une mission est donnée à ces maquis armés : maintenir les occupants allemands (et la Milice qui pourrait les suivre) sur place (pour éviter qu’ils ne remontent vers le nord de la France en renfort ou aller vers la Provence où un nouveau débarquement se prépare). C’est donc une série de sabotages, d’attaques qui ont pour but de saboter le moral de l’occupant en le harcelant et, paradoxalement, le maintient sur place.  
- En réaction, les Allemands et la Milice organisent plusieurs attaques de maquis : c’est Vira (le 9 juin), Betchat (à partir du 10 juin), Roquefixade (les 6 et 7 juillet), La Crouzette (21 juillet), etc… Mais les armes manquent…
- Quelques parachutages d’armes et de munitions sont réalisés sur le sol ariégeois.
- Mais, pendant ce temps, des Ariégeois continuent à dénoncer les maquis ou des personnes proches de la Résistance…
- Durant plusieurs mois, l’Ariège vit au rythme des arrestations, des fusillades, des attaques, des interrogatoires et des déportations…
  
?     Malgré  l’oppression des forces allemandes et de la Milice, la Résistance s’organise et prépare dans la clandestinité la libération de l’Ariège par des actions armées contre l’occupant et les forces de Vichy.
 
 
La Libération de l’Ariège (du 17 août au 22 août 1944)
 Il est à remarquer que le département de l’Ariège a retrouvé sa liberté sans l’intervention d’une armée régulière : ce sont des civils qui ont œuvré pour cette conquête. 
- A l’approche du débarquement en Provence, une équipe vient renforcer les maquis et faire une liaison plus rapide avec les Alliés : c’est la venue du futur général Bigeard et de son équipe qui peut faire parachuter des armes sur Rieucros.
 - Le 15 août (jour du débarquement en Provence), la décision de s’emparer des villes ariégeoises est prise.
- La ville de Lavelanet est libérée le 17 août ; puis Pamiers le 18 est occupé. Puis Foix, encore aux mains des troupes allemandes, est pris le 19 août (essentiellement par les groupes des Guérilleros Espagnols) : la préfecture du département change de pouvoir ; Saint-Girons… se bat pour sa libération. Il en est de même pour les autres communes (avec l’aide de volontaires : les milices patriotiques). De nouveaux maires sont mis en place, un nouveau préfet est nommé…
- Pendant ce temps, des troupes allemandes fuient le département (il en est de même pour la Milice ariégeoise qui les suit dans leur débâcle).
 - Restaient des troupes allemandes : elles seront attaquées et défaites.
C’est le cas à Prayols, le 20 août. De même pour une longue colonne allemande qui passe par Saint-Girons (où eurent lieu des combats faisant plusieurs victimes) et arrive difficilement jusqu’à Rimont. Elle  incendie ce bourg après des combats qui font plusieurs tués (21 août).
- Le 22 août, la colonne venant de saccager Rimont se heurte aux différents maquis accourus en renfort de toute l’Ariège (et même au-delà) : c’est la bataille de Castelnau-Durban et la reddition de plus de 1500 allemands, signée au lieu-dit Ségalas. Les prisonniers allemands sont transférés au Camp du Vernet…
 - Le 22 août, au soir, l’Ariège est totalement aux mains des Français : elle est libre !
            - Mais, la guerre, en France et en Europe, n’est pas finie… Bien des ariégeois vont continuer à se battre contre le nazisme en rejoignant les armées alliées jusqu’à la libération des camps de concentration (début 1945) et la capitulation allemande le 8 mai 1945.
 
?     L’Ariège s’est libérée elle-même (Ariégeois, Guérilleros Espagnols…), sans une armée régulière… après plusieurs combats qui ont fait de nombreux tués et blessés.
Un nouveau pouvoir se met en place dans le département…

 
Les passeurs
 - Géographiquement, l’Ariège est située sur la frontière espagnole et andorrane. Les deux pays frontaliers ont alors un statut non belligérant, d’une part,  et offrent, d’autre part, la voie la plus pratique pour rejoindre l’Afrique du nord d’où s’organise l’armée qui combat les forces ennemies.
- Plusieurs candidats aux passages peuvent être mentionnés : les Juifs ou étrangers poursuivis, des militaires refusant la défaite française et désirant rejoindre l’Afrique du Nord ou Londres, des réfractaires au STO… Mais aussi, des messages ou documents et plans secrets ont transité par le département.
- Plusieurs réseaux ont existé (sans se connaître les uns et les autres). Ils dépendaient de services ou organisations dépassant le cadre du département (les anglais, par exemple, avaient leur réseau passant par l’Ariège). Tous travaillaient clandestinement, illégalement et étaient sous la menace d’arrestations, de déportations ou de mort. 
- Géographiquement, les secteurs de passages de la frontière sont : la Haute Ariège (par la Vallée du Vicdessos, la région d’Ax et le Quérigut) et le Couserans.
- Des groupes s’étaient organisés : il fallait une logistique. Les candidats (ou envoyés) arrivaient (essentiellement) à Foix ou Saint-Girons, souvent depuis Toulouse ou du Sud-Est ; il fallait les héberger, les cacher, les nourrir souvent et les conduire à pied généralement (mais des stratagèmes ont eu lieu par voie de chemin de fer aussi) jusqu’à la frontière. Il fallait, donc, des guides (des Ariégeois, mais aussi des Espagnols le seront).
- Les passages étaient, selon les cas, payants ou gratuits. Des passeurs malhonnêtes ont existé.
- Mais, des passeurs ou des convois de candidats ont été arrêtés, déportés ou tués…
- On estime que plus de 3000 personnes ont transité par l’Ariège pour passer en Espagne ou en Andorre…
  
?     L’Ariège a été un département important de passages par les Pyrénées vers l’Espagne ou l’Andorre (personnes et documents secrets).
 
 
Les Juifs
- Dans le programme d’Hitler était, entre autres choses, prévue l’élimination de tous les Juifs quel que soit leur âge.
- Très tôt, des Juifs pourchassés d’Allemagne, de Pologne, de Belgique ..., puis de la zone occupée de France affluent vers le Sud, et en particuliers en Ariège. Bientôt tous ceux de France seront, aussi, poursuivis.
- Des centaines d’entre eux seront accueillis en Ariège. Certains pourront s’enfuir en passant la frontière. D’autres seront regroupés dans des lieux où ils étaient recensés. En Ariège, il y eu Ax, le Mas d’Azil… et surtout Aulus les Bains.
- D’autres se cachaient dans des familles accueillantes. Enfin, dans le département, il y eut le cas du Château de La Hille sur la commune de Montégut-Plantaurel où la Croix Rouge Suisse y avait installé une centaine d’enfants ou adolescents israélites (pour la plupart) afin de les soustraire au nazisme.
- Des arrestations et des déportations dans des camps d’extermination (Auschwitz, Dachau…) seront organisées en Ariège par la police française aux ordres des Allemands (le 26 août 1942 ou en janvier 1943 en particulier). Le camp du Vernet a servi de transit.
?     L’Ariège a accueilli des Juifs. Certains ont pu passer en Espagne ; mais d’autres ont été arrêtés ou déportés par la police française depuis le département.
 
 
Les Espagnols « Guérilleros »
 - La guerre d’Espagne conduit une partie de la population hostile au gouvernement de Franco à s’exiler. Des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants franchissent la frontière dès février 1939. Beaucoup mourront… Des camps d’hébergements, dans un premier temps, sont installés. Mais, rapidement, ces camps deviennent centre d’internement, à l’exemple du camp du Vernet.
- Les hommes seront employés dans des chantiers (barrages tels ceux d’Izourt et de Gnioure, exploitations forestières…) ou des mines.
 - Chassés de la dictature d’Espagne, ils rêvent de reconquérir leur pays et le rendre démocratique. Politiquement en phase avec les communistes français, en particuliers, ils vont aider les Français à se libérer du nazisme d’Hitler (en espérant aussi, qu’à leur tour, les Français les aideront dans leur reconquête de l’Espagne).
- Les Espagnols, donc, vont s’organiser. Ils vont, eux aussi, créer des maquis clandestins armés, participer à la Résistance aux côtés des Français. Beaucoup seront arrêtés ou déportés…
     - Lors de la Libération de l’Ariège, ils joueront un rôle important. Ils seront surtout les artisans de la libération de Foix. Mais, aussi, on les retrouve avec la résistance ariégeoise à la bataille de Prayols, à la reconquête de Saint-Girons et encore lors des combats de Rimont et Castelnau-Durban.
    - Après la Libération, certains d’entre eux tenteront (sans succès) de reconquérir l’Espagne par le Val d’Aran (Octobre 1944) en espérant que les Français les y aideraient (ce qui ne fut pas le cas)…
 ?     Les réfugiés Espagnols ont beaucoup aidé la Résistance Française et participé à la Libération de l’Ariège.
 
 
Le camp du Vernet d’Ariège
      
- Trois camps ont été installés en Ariège :
Le Vernet : 1939-1944
Mazères : 1939-1941
Villeneuve du Paréage : 1939-1941
  Situé entre Pamiers et Saverdun, le camp du Vernet sera le plus répressif de France.
 - Au départ camp d’hébergement (réfugiés espagnols dès février 1939 ou français), il deviendra rapidement camp d’internement, contrôlé par le ministère de l’Intérieur dès octobre 1940, pour les « étrangers indésirables ». Ces internés (40 000 personnes) appartenaient à 58 nationalités des 5 continents.
- On y trouve des dirigeants communistes, socialistes, anarchistes, antifascistes et l’Etat Major des Brigades Internationales ; des personnalités politiques, intellectuelles, artistiques mondialement connues ; enfin des Juifs.
- Beaucoup d’entre eux joueront un rôle dans la Résistance en Europe.
- De ce camp, plusieurs convois seront formés et partiront vers des camps d’Afrique du Nord ou vers l’Allemagne. Le 30 juin 1944, le camp est vidé : les internés sont déportés à destination du camp de Dachau dans le fameux « Train Fantôme ».
  
Le camp en 1943
 - A la libération de l’Ariège, les prisonniers allemands (tels ceux pris après la bataille de Castelnau-Durban) seront mis dans ce camp.
             NB : Un musée se trouve au village du Vernet d’Ariège. A la gare, où arrivaient les internés et d’où sont partis bien d’entre eux vers des camps de concentration, se trouve un wagon à bestiaux rappelant leurs conditions de transport. Le cimetière du camp montre la diversité des nationalités des internés.
 => Le camp du Vernet d’Ariège a été le plus répressif de France.
       40 000 internés y ont séjourné venant de 58 nations.
       Beaucoup d’entre eux seront déportés.
 
 
La Résistance souterraine
  
- Dès la défaite française avérée, certains Français n’acceptent pas de se résigner : ils veulent chasser les Allemands du sol français.
- Un nouveau pouvoir s’est installé en France : celui de Pétain. Son programme ne fait pas l’unanimité… La « collaboration » avec Hitler est prônée…
- En Ariège, François Camel qui n’a pas voté les pleins pouvoirs au maréchal Pétain le 10 juillet 1940, appelle aussitôt à être vigilant et à s’organiser. Les communistes (qui étaient recherchés) font de même.
- Selon les sensibilités politiques, plusieurs groupes se constituent.
 - Au départ, il s’agit, par des tracs par ex., de faire comprendre à la population ce qui se passe et l’amener à réagir.
- Rapidement, il s’agit de faire passer des personnes en Espagne de façon clandestine (militaires, Juifs…). Des réseaux s’organisent…: cachettes, guides, circuits, faux papiers, renseignements….
- Face à la répression par le nouveau pouvoir et les Allemands, la Résistance souterraine tente de se renseigner et d’avertir les personnes recherchées, les réfractaires au STO… et, plus tard, les maquis des actions prévues contre eux (évitant ainsi des arrestations, des déportations ou des morts). Le risque de dénonciations est très fort.
- Ces résistants de l’ombre sont issus de toutes les couches de la société : professeurs, étudiants, agriculteurs, fonctionnaires, professions libérales, curés, restaurateurs, anciens militaires…
- Seulement quelques dizaines d’Ariégeois se sont engagées dans cette activité dangereuse, au sein de réseaux, qui, au départ, ne communiquaient pas entre eux.
- Enfin, certains se sont mis en liaison avec la Résistance nationale et tentent de procurer des armes aux maquis, de leur faire passer des messages, de faciliter leur survie (nourriture…).
- Rapidement, les résistants sont recherchés et font l’objet d’arrestations. Plusieurs seront torturés, emprisonnés, déportés, tués ou fusillés.
Parmi les personnes célèbres : Irénée Cros, Blanchebarbe, Peyrevidal, Gouazè, Costedoat, Verdier dit « Forain »… ; mais aussi, des personnes moins connues ayant aidé Juifs, résistants Français ou Espagnols…
 
?     Passages en Espagne, faux papiers, renseignements, aide aux maquis… Bien des Ariégeois ont eu une activité de résistance ; mais, beaucoup de personnes seront emprisonnées, torturées, déportées ou tuées… pour s’être opposées au régime de Vichy et à la présence des Allemands sur le sol ariégeois.
 
 
La Résistance armée
 
- Très tôt, des sabotages (bombes contre des organismes liés à l’Occupant ou contre des usines travaillant pour l’Allemagne) se font.
- Il fallut attendre l’organisation de maquis pour avoir une efficacité de type militaire : ce seront essentiellement les FTP et les Guérilleros Espagnols. Une Armée Secrète (clandestine) existait, aussi.
- Les maquisards étaient des personnes engagées politiquement, des jeunes qui refusent de partir travailler pour les Allemands (STO), des patriotes.
- Au départ, de petits groupes opéraient depuis des chantiers ou les usines.
- Le problème essentiel a été l’armement. Quelques parachutages d’armes eurent lieu, mais très tard, à l’approche de la Libération. Les maquisards devaient, donc, attaquer des gendarmeries ou directement des Allemands pour s’en procurer.
Les seules armes utilisées, outre des explosifs, ont été des revolvers, des fusils, des mitrailleurs ou des fusils-mitrailleurs.
- La tactique était des attaques par petits groupes en plusieurs endroits différents de sorte à faire penser à une résistance importante.
- Dès le débarquement de Normandie (6 juin 1944), les maquis sont devenus importants : ils pouvaient comprendre plusieurs dizaines de personnes (surtout des jeunes). Bien des Ariégeois les ont aidés à survivre (vivres, hébergement, renseignements…).
- Géographiquement, les maquis se situent essentiellement en moyenne montagne, avec deux zones privilégiées : la région de Saint-Girons et celle de Lavelanet.
- Devant leurs actions, les maquis seront attaqués par les Allemands et la Milice Française : ce seront les combats de Le Port, Camarade, Vira, Roquefixade, Betchat, La Crouzette (près de Rimont)… Des dizaines de jeunes seront tués ou blessés au cours de ces opérations.
- D’abord souvent isolés, les groupes de maquisards seront mis en lien avec la Résistance régionale, qui elle-même est en lien avec le CNR (Conseil National de la Résistance).
Ils auront des missions : en particuliers de harceler l’ennemi (Allemands et Milice) par des attaques répétées afin d’éviter que celui-ci n’aille prêter main forte sur d’autres lieux de conflits (la région normande par ex. ou en Provence où un débarquement est prévu).
- Lors de la Libération, ces maquis clandestins seront renforcés par des groupes locaux.
- Ce sont essentiellement ces maquis qui, par les armes, libèrent l’Ariège des Allemands et du pouvoir de Vichy.
 
?     Des groupes armés se sont constitués dans la clandestinité au cœur du département de l’Ariège.
Bien qu’attaqués par les Allemands et la Milice, ces maquis vont libérer le département…
Beaucoup seront tués ou blessés…
 
 
Les batailles
 - Jusqu’en 1943, l’action de la Résistance est faite de renseignements, de passages en Espagne, de faux papiers, de sabotages, d’aides aux réfractaires au STO… 
- Puis, des maquis se sont constitués (personnes recherchées, réfractaires au STO, Espagnols…) et s’organisent. Rapidement, certains sont attaqués (Le Port, Camarade dès l’automne 1943). D’autres continuent à se constituer… A partir du printemps 1944, ces différents maquis sont regroupés au sein des FFI (Forces Françaises de l’Intérieur).
             - Le problème crucial, outre la survie (nourriture, hébergement, clandestinité), sera de se procurer des armes. Il faudra en récupérer en attaquant des gendarmeries ou des convois allemands. Les parachutages ne se feront qu’à l’approche de la Libération…
- Le rapport de force ne permettait pas d’attaquer les troupes ennemies ; mais, aussi, cela ne pouvait rentrer dans la stratégie des Alliés (la mission donnée aux maquis est de harceler les Allemands et la Milice par des actions ponctuelles, mais répétées en plusieurs lieux du département).
- Jusqu’au 15 août 1944, les batailles sont engagées par l’ennemi (Milice et Allemands) pour anéantir les maquis qui font des actions de sabotages, qui tentent d’éliminer les Miliciens, qui attaquent des convois allemands, qui empêchent de livrer les récoltes à l’occupant, etc…
 - Lorsque le débarquement en Normandie est annoncé, les maquis vont grossir et passer à l’action de façon plus significative. En représailles, le maquis de Vira est attaqué le 9 juin 1944. Celui de Betchat sera attaqué sept fois. Une expédition de la Milice et des Allemands tente d’anéantir, en vain, celui de Roquefixade, le 6 et 7 juillet (faisant 16 tués) ; Justiniac (le 26 juin) ; Montségur le 10 juillet ; La Crouzette le 21 juillet, etc…
 - Le débarquement en Provence (15 août) annonce l’opération de libération de l’Ariège. Ce sont, désormais, les batailles lancées par les maquis Français et Espagnols… : prise de Foix (19 août), combats de Prayols et Saint-Girons (20 août) et, enfin, de Castelnau-Durban (22 août).
 => Après avoir subi les nombreuses attaques de la Milice et des Allemands qu’il faudra repousser, les maquis ariégeois provoquent les batailles qui libèrent le département…
 
 
Les déportés
 
 - Dans l’arsenal de la répression instaurée par les Allemands, la déportation figurait en bonne place.
- Pour l’Ariège, il y eut la déportation organisée contre les Juifs et celle consécutive aux arrestations de personnes hostiles au gouvernement en place, de résistants ou aides à la Résistance, des passeurs...
- Environ 450 ariégeois seront déportés (soit un pour 330 habitants, le taux le plus élevé de France). A ceux-là s’ajoutent les Israélites et des internés du camp du Vernet.
- Un des symboles, en Ariège, est la ville de Varilhes : 22 personnes sont déportées en 1944.
 - Si le camp du Vernet a été, pour les internés, un point de départ pour les camps de concentration, il y eut, aussi, les rafles de Juifs (dont les plus connues sont celles d’Aulus les Bains). La jeune Fanny Reich, qui n’avait que 2 ans, a été arrêtée à Saint-Girons…
- De nombreuses personnes ayant aidé la Résistance, après avoir été arrêtées, sont aussi déportées. Il en est de même pour des opposants au gouvernement.
NB : A Varilhes, se trouve le Musée de la Déportation et de l’Internement.
=> De nombreux ariégeois ont été déportés et beaucoup sont morts dans ces camps de concentration. Des non ariégeois (juifs, politiques) ont subi le même sort depuis l’Ariège.
 
 
L’épuration
 
 La période de la seconde guerre mondiale n’a pas été seulement une lutte contre l’Allemagne : elle a été, en plus, une lutte contre le gouvernement de Vichy.
 - Ceux qui ont aidé activement le gouvernement de Vichy et les Allemands vont être poursuivis dès les premières villes ariégeoises libérées (Pamiers, Foix, Saint-Girons): c’est l’épuration.
- Les personnes suspectées d’avoir dénoncé des maquis et des personnes qui les aidaient, ceux qui ont aidé la Milice ou les Allemands, ceux qui ont profité de la situation (marché noir), ceux qui ont été responsables de déportations, etc… sont arrêtés et jugés.
-  Des dizaines d’entre elles seront fusillées (Pamiers, Foix, Saint-Girons…) ; d’autres condamnées à la prison ou aux travaux forcés… Ces jugements dureront plusieurs mois…
- Il y eut plusieurs sortes de tribunaux. A Pamiers, il y eut dès le 19 août, un tribunal populaire avant que la Justice ne se mette en place officiellement. Il y eut les Cours Martiales, le Tribunal Spécial…
- Au départ, l’épuration s’est réalisée souvent par dénonciation ou délation… Quelques personnes ont été fusillées ou emprisonnées à tort… D’autres ont échappé (en fuyant) aux poursuites…
=> Dès la libération des premières villes de l’Ariège, les personnes complices des Allemands ou de Vichy sont poursuivies : il y eut plusieurs dizaines de fusillés en Ariège…
 
 

Ce texte est tiré du site www.histariege.com

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